L’APPEL (à signer en ligne)

APPEL pour préserver la mémoire de Renault-Billancourt
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Depuis la fermeture de l’île Seguin et la démolition de l’ancienne usine de Renault Billancourt, de multiples projets ont été élaborés pour l’aménagement des terrains libérés.

Parmi ces projets était acquis la création d’un lieu de mémoire humaine, sociale et industrielle sur l’Esplanade de l’Ile Seguin pour recueillir, conserver et transmettre cette mémoire.

Aujourd’hui, dans diverses déclarations officielles relayées par les médias les projets d’aménagements des ex-terrains RENAULT sur l’Ile Seguin sont remis en cause.

Il y a un risque réel de voir éradiquer la mémoire de Billancourt

Cette expérience singulière à la fois individuelle et collective,
Ces pages d’histoire à la fois nationale et internationale,
La réalité de cette grande entreprise industrielle regroupant au milieu d’une ville pendant plus d’un siècle une diversité d’activités, une diversité humaine et culturelle d’hommes et de femmes, venant de tous les continents, fait unique en France
Leur contribution à l’amélioration des lois sociales, au bénéfice de tous

L’histoire de cette aventure et l’histoire de celles et de ceux qui y ont participé doivent être conservées et transmises aux jeunes générations pour éclairer leur présent et leur avenir.

C’est pourquoi nous ne pouvons laisser disparaître la mémoire
des salariés de Renault-Billancourt,
parce qu’elle fait partie de notre patrimoine commun

Nous, soussignés, appelons

à la création sur l’Esplanade de l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt, d’un lieu de mémoire vivant, permanent, dédié à regrouper, conserver et transmettre :
- La mémoire sociale et industrielle de Renault Billancourt
- La mémoire individuelle et collective du million de salariés passés par cette entreprise
- La mémoire des métiers, des savoir-faire, des solidarités, des conditions de vie et de travail de ces milliers de salariés français et étrangers venus de tous les continents qui durant plus d’un siècle ont fait de l’entreprise RENAULT ce qu’elle est aujourd’hui

Premiers signataires:

BLONCOURT Gérald, Photographe - CADEL Pierre, Syndicaliste - COHEN Yves, Historien - COSTA-LACOUX Jacqueline , Historienne - DREYFUS-ARMAND Geneviève, Historienne et Directrice de la BDIC - FRISE Nicolas, Réalisateur - GALLISSOT René, Historien, Professeur émérite - HATZFELD Nicolas, Historien - LALLAOUI Mehdi, Réalisateur - LEYRIS Jean Charles, Ethnologue - MONNIER Gérard, Architecte - NOIRIEL Gérard, Historien et Directeur de recherche à l’EHESS - NOUVEL Jean, Architecte - PITTI Laure, Historienne - POPEREN Claude, Syndicaliste - RICHTER Daniel, Syndicaliste - SPORTES Morgan, Romancier - SEGUY Georges, syndicaliste - STORA Benjalin, Historien - TEMIME Emile, Historien - WORONOFF Denis, Historien

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Le Parisien du 28 mars

BOULOGNE-BILLANCOURT.

Ils s’accrochent à leur lieu de mémoire. Roberto Cristofoli

vendredi 28 mars 2008 | Le Parisien

 

LP/ROBERTO CRISTOFOLI.

L’Association des anciens travailleurs de Renault lance un appel sur le Net pour que son projet de lieu de mémoire ne tombe pas à l’eau.

ILS N’EN démordent pas ! Seize ans jour pour jour après la sortie de la dernière voiture des chaînes et un an jour pour jour après la pose symbolique de la première pierre, l’Association des anciens travailleurs de Renault Billancourt île Seguin (Atris) a relancé hier l’idée du lieu de mémoire au cours d’une conférence de presse en lançant un appel « pour préserver la mémoire de Renault Billancourt ». Car les anciens de la marque au losange sont inquiets : « Il était acquis la création d’un lieu de mémoire humaine, sociale et industrielle sur l’esplanade de l’île Seguin pour recueillir, conserver et transmettre cette mémoire, a révélé le président Mohamed Amri. Aujourd’hui, dans diverses déclarations officielles relayées par les médias, les projets d’aménagement des ex-terrains Renault sur l’île Seguin sont remis en cause.
Au-delà des mots, l’Atris attend des actes forts du nouveau maire

En clair, l’Atris craint que les engagements pris par les ex-maires Jean- Pierre Fourcade, candidat malheureux aux dernières municipales, et Pierre-Mathieu Duhamel, qui ne s’est pas représenté, ne soient balayés par leur successeur Pierre- Christophe Baguet. Sur ce point, le maire nouvellement élu a dépêché Nathalie d’Estienne d’Orves-Cossé.

Directrice déléguée aux relations avec la société d’aménagement et d’économie mixte chargée de la reconversion des ex-terrains Renault, elle s’est voulue rassurante : « Il est à l’écoute de votre association. Il veut vous assurer de son soutien et de son implication », a-t-elle assuré.

Si l’Atris a apprécié ces mots, elle attend des actes forts. En patientant, elle a décidé de lancer un appel sur Internet (www.atris.org), qui a déjà recueilli les signatures de personnalités : artistes, réalisateurs ou syndicalistes. Et l’Atris gronde par la voix de son président, Mohamed Amri : « Nous n’accepterons pas qu’après avoir supprimé les emplois des hommes, rasé les murs, on essaie d’éradiquer la mémoire humaine, sociale et industrielle de Renault Billancourt. »

L’Atris, qui rappelle au passage que Renault à Boulogne-Billancourt, « c’est un siècle d’histoire sociale et industrielle avec 1 million de travailleurs de tous les continents qui se sont succédé sur le site », n’est visiblement pas prête à rester inactive pendant la collecte des signatures : « Si nous ne sommes pas entendus, nous prendrons d’autres initiatives pour faire en sorte que les engagements pris par les maires successifs de Boulogne-Billancourt soient respectés. » Voilà leur successeur prévenu.